TSIGANES, HORS D'ICI !

Publié le par Association Regards

MOUVEMENT CONFEDERAL TSIGANE

CONFEDERATION DES ASSOCIATIONS DES VOYAGEURS ET DES GITANS DE FRANCE

OFFICE NATIONAL DES AFFAIRES TSIGANES

 

 

R E G A R D S

Association coordinatrice

 

Aujourd’hui, 21ème SIECLE !

Voici quelques extraits de livres que j’ai lu dernièrement.

1.       Rapports du Centre Européen du Droit des Roms (E.R.C.C.)

 

 

L’ERRC, le Centre européen pour les droits des Roms est une information juridique internationale d’intérêts publics engagée dans une série d’action ayant pour but de lutter contre le racisme envers les Roms ( ici, Roms est employé pour désigner l’ensemble du peuple Rom. ) et les violations des Droits de l’homme dont ils peuvent être l’objet.  Les démarches de l’ERRC, mêle en particulier des stratégies contentieuses, des activités d’avocat international, le développement des recherches des politiques et la formation aux droits de l’homme pour des activistes Roms. L’ERRC est un membre coopérant de la fédération d’Helsinki pour les droits de l’homme, de plus elle a un statut auprès du Conseil de l’Europe et auprès du conseil économique et social des Nations Unis.   

En novembre 2005, l’ERRC, le Centre Européen pour le droits des Roms, dans la série des rapports Pays - n°15 pour la France - a édité son rapport sous le titre :

 

 

                                 «  HORS D’ICI ! ANTI - TSIGANISME EN France « 

 

2.       Le crime d’être Roms de Jean-Marc TURINE

                            

Je cite ici Jean-Marc Turine : LE CRIME D’ETRE ROMS - Notes au temps présent, paru aux éditions

GOLIAS - BP 3045 - 69605 - VILLEURBANNES CEDEX.

 

« Je pense qu’en ce moment, les ROMS de Zomoly n’ont plus leur place parmi les Hongrois : les animaux eux-mêmes se débarrassent de leurs parasites. »

                                                           Le maire de Csor -Hongrie

                                                           27 avril 2OOO au JT de la chaîne MI

« Ces tsiganes puants sont responsables de tout ce qui va mal en Roumanie. »

                                                                                  Le maire de Craiova-2OO1-  Ion Bulucéa ;

« Il faut isoler les tsiganes criminels dans des colonies spéciales de façon à arrêter la transformation de la Roumanie en un camp rom. »

                                                           Cornéliu Vadim Tudor : sénateur : 1998

«  En Hongrie, le problème des Roms, parce qu’il est ethnique, constitue une                                               menace dans l’ensemble de la société. »

                                                           Tibor Derdak : ancien député au parlement hongrois. -2001-

 

Européan Roma Information Office a fait circuler le texte suivant : 8 octobre 2OO4

« Les tsiganes ont peur des oreilles de lapins.  Depuis que j’ai découvert cela, j’aime beaucoup ces lapins. Je souhaite que tous les Roms meurent d’anthrax ou soient gazés- Vive notre pays et ses authentiques citoyens ! »

 

On peut lire ces lignes sur le cite de l’équipe de foot-ball la plus populaire de Roumanie Stéana Bucaresti.

                           

Malgré des appels répétés, rien n’a été fait pour interdire ces discours de haine nous n’avons jamais pris les armes contre quiconque, nous n’avons jamais obligé qui que ce soit à quitter son pays, nous n’avons pas humilié d’autres peuples pour vivre mieux à leurs dépends.  Nous avons un capital qui vient de notre persécution.  Nous avons accepté pendant des siècles la place de citoyens de second rôle en nous contentant de notre situation de misère.  Nous ne pouvons plus permettre ce que nos aïeux ont permis en 1944, nous n’entrerons pas dans les chambres à gaz pendant que retentit l’hymne hongrois (... )Nous sommes les premiers responsables de l’amélioration de notre destin.

                                                                          Jozsef Kraismï, leader des Roms de Zàmoli à

                                                                          Srasbourg - 3O août 2000.

 

 

REMERCIEMENTS :

J’affirme que l’équipe qui a réalisé le rapport n°15 - France - à la suite de l’étude conduite par LANNA YAEL HOLLO n’a pas à remercier les Tsiganes et Gens du Voyage qui auront aidé par leurs témoignages à donner son vrai sens à ce document. C’est à nous de vous remercier, avec une grande humilité, car sans vous, nos interventions n’avaient plus jamais aucune chance de réussir à nous faire entendre. MERCI.  

Ce travail  immense représente pour nous un espoir pour demain car il « officialise » les travaux que nous avons diffusés, restés jusqu'à ce jour sans suite.  Désormais, que nos décideurs et législateurs continuent à nier l’évidence, la suspicion, vis à vis de l’Europe et des Nations Unis, a changé de camp.

                               

Je n’ai pas l’intention de reprendre ce rapport pour la France, mon pays, mais ne disposant pas suffisamment d’exemplaires à distribuer à nos adhérents, fédérations et associations multiples, il est de mon devoir de faire savoir qu’il existe et que REGARDS et les associations les plus proches de leurs stationnements sont à leur disposition pour en parler et pour attirer leur attention sur tout ce qui concerne notre vie sociale, économique et politique.

 

Depuis des décennies, nous subissons la loi du plus fort, les sous-hommes contre la jungle que représente la politique.  Jusqu ’en 1940, nos dirigeants nous ont offerts à la vindicte populaire, notamment par la loi liberticide et ethnocidaire de 1912.  Chaque contrôle à l’entrée des communes et chaque contrôle à la sortie du territoire municipal attiraient les regards, donc la population ne se privait pas de quolibets, de grossièretés et jets de pierres.  Un des valeureux gendarmes levait un bras et tout s’arrêtait, sauf les chevaux qui ruaient dans les brancards et risquaient de s’emballer, mettant en danger la famille qui se trouvait à l’intérieur de la verdine.  Les éclats de rire s’amplifiaient tandis que la maréchaussée s’impatientait.  Ces clichés répétés à l’infini ne sont pas restés sans effets, et le soir, très souvent, les caravanes étaient renversées et les chevaux détachés.  Les courageux coupables s’étaient toujours volatilisés aux moments des explications, et ces jours-là, les vols augmentaient curieusement dans le voisinage, ainsi que les déprédations.  Suivait la mobilisation de la commune ou du village le plus proche et l’arrivée menaçante des hommes armés de fourches et de fouets.  Nos anciens, obligatoirement  mis en cause, coupables... Je ne raconte pas la suite.  A 70% des cas c’était l’arrêt immédiat  puis la prison.  C ’est pourquoi, craignant ce qu’on appelle aujourd’hui les pogroms, nos ancêtres arrêtaient les caravanes quelques centaines de mètres avant les villages, bien en vue.  Au matin, ils entraient sur le territoire de la commune et l’infernal cycle du contrôle recommençait. Du chef de famille aux enfants de cinq ans.  Racisme viscéral et génétique.

 

Ce n’était pas une politique aveugle, sous couvert de contrôle policier incessant, c’était bel et bien l’affirmation d’une politique d’éradication.

La loi de 1912 devenant difficile à assumer à cause de la charge qu’elle imposait par ces contrôles incessants. La loi 69-3 du 3 janvier 1969 concernant le contrôle de l’activité des marchands ambulants vit le jour avec un commentaire : Elle était sensée humaniser  la loi de 1912.  Les titres de circulation qu’impose celle-ci ne sont pas meilleurs et elle démontre l’esprit ségrégationniste  qu’elle n’a jamais pu cacher, notamment avec les cotas imposés aux communes (3%) de la population et trois ans de rattachement à ladite commune pour avoir le droit de s’inscrire sur les listes électorales.

 

Ainsi, nous ne sommes plus des S.D.F., appellation désormais réservée aux sans logis qui, eux, ont le droit de s’inscrire sur les listes électorales bien qu’ayant le même statut que les Gens du Voyage ;

Nouvelle occasion d’apposer une nouvelle marque ségrégationniste et qui permet la diffusion d’un autre cliché : Le Voyageur ne vote pas, il n’est pas citoyen à part entière. Mais revenons en 1940.  En septembre.  Claire AUZIAS le dit très bien dans son œuvre SAMUDARIPEN (holocauste tsigane toujours pas reconnu par la France), la politique de collaboration s’affirme et défend ses valeurs, dont la patrie en danger de l’intérieur.  Les nazis autorisent à éliminer ces ennemis de l’intérieur dont les Hommes en âge sont au front : antisémitisme et anti-tsiganisme sont désormais les deux mamelles de la France.

Et bien d’autres encore.  Qui se souviendra de ces moins que rien, des voleurs de poules, des gens sans foi ni loi, abandonnés de tous et n’intéressant personne.  Disparus du paysage français personne ne s’en rendra compte, d’ailleurs la population française, formé à l’impunité des pogroms, ne s’en émouvra pas.  Comme si la France avait été préparée à cette monstruosité, Vichy retira les Tsiganes de la circulation qui se retrouvèrent en camps d’internement puis de concentration de sinistre mémoire.  Ils étaient devenus des étrangers rejetés de tous et de Vichy alors que l’ennemi n’avait rien demandé.

Même les résistants ne trouvèrent aucune oreille. Idem pour les saboteurs de matériels. Etc.....                

Et la France raffole des musiques de jazz.

 

Et aujourd’hui…

Le rapport ERRC relève l’article 1ér de la constitution française qui indique que :

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.  Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine ou de religion.  Elle respecte toutes les croyances (... )

La France intègre donc tous individus mais ne reconnaît pas les groupes, les minorités.  Le combat contre le racisme et la ségrégation va donc dans ce sens. L’ERRC, au cours de ses recherches a découvert et indique que différentes actions de l’Etat  français ces dernières années constituent une véritable déclaration de guerre à la culture de nombreux Tsiganes et  Voyageurs.

 

 Le racisme et la ségrégation sont donc présents à tous les échelons de la société française.  Cependant, le Président de la République déclarait le 31 janvier 2006 (Ouest-France) dans son intervention à propos de l’esclavage : «  Le racisme est la pire des déviations humaines « 

Et l’anti-tsiganisme qui s’applique tous les jours, c’est quoi ?  C’est puni de quoi ?

 

 Une campagne d’informations avec de vrais représentants légitimes est urgente et nécessaire car, selon le rapport cité : «  notre situation en France a atteint son point critique «  et la

France aussi.

La situation de 1940 se renouvelle avec des actions et exactions différentes cependant.  Mais la logique de la démarche a des buts sensiblement semblables. La population française ne s’imagine pas que la loi Besson honnie existe.  Seuls les rassemblements de familles liés à la notion de sécurité relayés bien souvent  par les médias l’intéresse. Notre disparition du paysage serait la bienvenue.  La comparaison d’un emplacement de caravanes avec une place d’automobile avec parcmètre dénoncé sur le ton professoral à un enfant de 6ème rend le politique sympathique et cache toute la perfidie du message qui passe sans accroc. L’émission sur France 5 intitulée «  Délinquance, la Route des Roms » dans la série « C dans l’air «  était une vaste bouffonnerie de par ses amalgames et les messages : Tsiganes - Gens du voyage = Danger «  ont sans doute flatté les plus racistes, mais les participants se sont ridiculisés. Mais la mission était remplie.

 

En juin 2005, lors des tristes évènements de Perpignan, le ministre de l’intérieur, Monsieur Sarkozy  nous qualifie de VOYOUS.

 

Juillet 2000, Loi Besson, logement des plus démunis renforcée par la loi Sarkozy. Le ridicule de la situation n’échappe pas aux  observateurs, les maires bloquent l’avancement de la loi, les Tsiganes sont pénalisés, le harcèlement continue.

 

Le 18 mars 2003, la loi sur la sécurité intérieure limite l’exercice de la liberté constitutionnelle d’aller et venir et l’article 53 fait de nous des délinquants.  Les caravanes sont caillassées impunément.

 

Décembre 2002 - La commission des lois de l’assemblée nationale durcit le texte de la loi Sarkozy. En clair : Il faut se débarrasser à tout prix des Tsiganes et Gens du Voyage ; Ce sont des étrangers (du déjà vu) qui n’ont rien à faire chez nous.  Alors que nous sommes Français de plus longue date qu’eux-mêmes bien souvent.

 

La loi Borloo du 1ér août 2003 exempte 2O villes de 20.OOO habitants de la mise en place d’aires de stationnement.

 

Les loyers payés  pour un stationnement deviennent dissuasifs et les gardiens de terrains promus travailleurs sociaux, incompétents, ont tous pouvoirs.  Ils s’abritent derrière les textes existants, agissent comme des kapos et narguent les usagers. (erreur monstrueuse de nazillons en herbe en toute impunité.

 

18ème congrès de l’assemblée des maires de France, le ministre plaide devant une assemblée fournie et se félicite des 20% de gendarmes supplémentaires sur le terrain et de l’application de la loi  sur les Gens du Voyage.  Les politiciens s’amnistient et s’exonèrent de la loi Besson - Harcèlement haineux...

 

OR

 

La loi Besson n’est pas appliquée, à peine 15% des schémas départementaux sont éventuellement inapplicables, les sites choisis sont toujours les mêmes et ne seront pas employés parce que les lieux choisis par les décideurs sont les premiers responsables de l’espérance de vie du Voyageur (15 à 25 ans) de moins que les gadgés.  La loi Besson n’étant pas appliquée, les emplacements font cruellement défaut et les peines encourues et appliquées feraient le bonheur des Pays de l’Est :

la Roumanie, la Hongrie, etc. Les contrôles des forces de police, voire les agressions relatées dans le rapport de l’ERRC attirent l’attention de la population française.

 

De même les matériels déployés : voitures légères, cars de CRS, hélicoptères, hommes armés et cagoulés, maîtres chiens vociférant des insultes et jetant des enfants à terre en tenant les parents en joue donne une image de forte ressemblance avec celles que nous avons connues avec les corps d’élite de la gestapo, et toujours en pleine impunité, les plaintes n’étant évidemment pas acceptées par les personnes préposées à cet effet : commissariat de police, juges et même procureur de la République.  Que peut-on dire de ceux qui basent leur carrière sur ces ignobles agressions et de ceux qui donnent les ordres.  Et le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Sarkozy ? ?

 

Je rappellerai aussi les agressions des « tortues ninja « semant la terreur dans deux terrains de stationnement, le même jour, sans contrôler les Voyageurs, exiger le départ immédiat à 6 heures du matin en leur posant un revolver sur la tempe....... et les harceler toute la journée.  Quels noms donner aux responsables de tels forfaits ? Du bas en haut de l’échelle ? ? Comment peut-on violer ainsi la sérénité d’un enfant ?  Dans quelle catégorie faut-il classer  ces sauvages ?  Ces sauvages qui, un jour commettront ce qu’il est convenu d’appeler une bavure ? ?

 

Monsieur Dominique LECLERC, sénateur d’Indre et Loire déclare que nous sommes le fléau de demain : 

« Nous les maires, que faisons-nous des patrouilles, nous voyons toutes les nuits, trois, quatre ou cinq camionnettes de gens du voyage qui viennent sauter, je n’ai pas d’autres mots, des gamines de douze ou treize ans jusque devant chez leurs parents, et tout le monde s’en moque.  - Cette intervention a reçu les applaudissements des partis de droite et du centre. »  fin de citation.  Ces racistes irresponsables et ubuesques ne mesurent pas la portée de leurs paroles, ni leur civisme défaillant qui honore la droite puisqu’ils sont applaudis.  Idem pour le Préfet du Vaucluse muté en Guadeloupe  en 2004.

Les nombreuses manifestations racistes qui vont du lever de boucliers des riverains d’un futur terrain, en passant par les réunions élitistes des maires qui incitent leurs administrés etc... etc... ont quand même mené à au moins deux pogroms plus graves que les autres qui avaient pour but d’incendier deux haltes : le premier sur un groupe se rendant à Pamiers en pèlerinage, le second à Esiheim en Alsace, font deviner un soulèvement latent dans la population.

             

Si le nazisme est passé par l’économie (le Monde-27 janvier 2006) en faisant payer l’impôt de guerre par les plus riches pour acheter l’indifférence des Allemands, les lois anticonstitutionnelles, les mésinformations, les clichés négatifs entretenus, la peur mauvaise conseillère, les contrôles, les agressions des forces de l’ordre déjà évoquées, les simulacres de véritables actions de guerre, auront préparé la population à une suite éventuellement peu honorable.  Donc côté allemand on achète l’indifférence, côté français on flatte et on officialise les complicités en les immunisant.

 

Le rapport de l’ERRC a donc relevé avec pertinence le racisme en France à tous les étages, y compris pour les travailleurs sociaux pour qui nous ne sommes qu’une marchandise qui se vend bien.

La recherche d’une solution est donc recherchée  à tous les niveaux des pays européens : on peut  supprimer la solution finale de renommée abjecte, mais restent  le fascisme, le franquisme, le stalinisme etc… n’oublions pas que le plus grand cimetière  tsigane du monde est en Silésie.  (Jean Marc Turine) et en France ? ? ? Relevons seulement pour le moment les barrières à l’entrée de multiples stationnements ! !  Est-ce le prélude des terrains de rétention ? ? A quoi sont vraiment destinés les immenses terrains dans leurs conceptions actuelles ? ? N’oublions pas non plus que NEUF de ce genre de stationnement sont prévus dans la région de Montpellier ! ! !

Avec le rapport de l’ERRC, il est plus que permis de se demander POURQUOI cette haine et ce rejet général.  Notre culture est  indestructible et en chacun de nous est ancré le  respect de nos racines.  POURQUOI le rejet de notre ethnie, POURQUOI attaque-t-on notre dignité pour détruire l’être humain dans l’être humain ? ?  OUI, on peut se demander POURQUOI les gadgés, les non-voyageurs, surtout l’immense majorité des politiciens qui se targuent de démocratie et d’extension de la démocratie cultivent  cette haine raciale.  Il faudra bien qu’ils cessent un jour quand ils s’apercevront qu’ils tournent comme un chien qui veut se mordre la queue, le jour où ’ils s’apercevront peut-être que la route des Roms est recouverte de larmes de sang qu’ils se plaisent à faire couler.

 

                                                                                                 

FEVRIER 2006, LE  PRESIDENT DANY PETO-MANSO

                                                                                                                            

 

 

 

 

                                                                                                                    

 

 

 

                                                                                                                         

 

 

 

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