EMERGENCE ET REPRESENTATIVITE TSIGANES

Publié le par Regards

Depuis la mise en place, en 1969, du Comité National d’Entente des Gens du Voyage, cette question reste une interrogation pour nos interlocuteurs.

Conscient de cette réalité, pour tenter d’y apporter une réponse, l’évolution du Comité d’Entente à nos jours est significative.

 

Jusque là l’éclosion du Comité d’Entente, la question de la représentativité n’existait même pas. Nous ne représentions aucun « danger ».

Les courants confessionnels et les intellectuels firent apparaître cette question devenue récurrente.

Les études concernant cette société tsigane dite secrète allaient bon train mais jamais de conclusion concrète n’aboutissait. On en parlait, c’est tout.

Elles furent cependant mises en exergue par l’intérêt que le monde du Voyage leur portait.

L’esprit de « voyeurisme » qu’elles portaient fut dénoncé et devinrent plus discrètes et sérieuses.

Elles furent à l’origine de l’existence légale du Comité d’Entente.

Les buts recherchés étaient ressentis chez nous comme « une pêche aux budgets ». Ce qui fit apparaître « les représentants-voyageurs pots de fleurs ».

Leur lieu de rencontre était alors le CNIN qui se prétendait « Comité d’Information »mais qui n’en fit jamais en direction du Voyage ‘Important).

Le CNIN devint UNISAT sous la pression du Comité d’Entente et ce fut la fin des « pots de fleurs ». Mais pour beaucoup d’autorités l’image persiste encore de nos jours.

Par contre, il ne pouvait pas y avoir de vrais représentants autres que ceux légitimés par le Comité d’Entente de qui on se «méfiait » car nous avions prouvé notre lucidité.

Ce fut l’époque des « associations amies des gens du voyage ». Elles sont devenues rares.

Mais les places étaient prises et nos diverses demandes de budgets de fonctionnement ou autres furent reçues comme autant d’anomalies et bien évidemment rejetées. Nombre d’entre elles ne reçurent même pas de réponse négative.

Inexistence-Mépris.

Les représentants légitimes et légitimés de surcroît par le Comité d’Entente devinrent alors de véritables cibles (encore aujourd’hui) et leurs interventions en public, paradoxalement furent très écoutées mais jamais entendues, faisant reculer d’autant la prise de conscience des autorités, et faisant ressortir comme des icebergs l’hypocrisie de nos « amis ».

Quelques Tsiganes furent élus au sein du Comité pour faire évoluer la situation et faire se multiplier les associations de voyageurs, et les représentants du Comité d’Entente.

Le cours de l’évolution de la représentativité en fut cependant affecté, bien que les représentants légitimités émanaient de personnes fortement concernées naturellement et responsables de leurs interventions.

Blasés d’être considérés comme des non-citoyens souvent traités de menteurs, les Voyageurs par l’action de l’ONAT, relais du Comité d’Entente, deviennent des correspondants téléphoniques, dénonçant les exactions sur l’hexagone, et c’est de leurs rapports circonstanciés que devient évident la nécessité de former des médiateurs tsiganes.

Aujourd’hui est la continuité d’hier avec cependant quelques variantes.

Certaines associations tsiganes font cependant paraître des travaux qui reflètent avec exactitudes la situation de la population tsigane.

1-     Ces travaux tombent dans l’oubli.

2-     Ces travaux sont récupérés avec un décalage variant de 5 à 25 ans environ.

3-     Ces travaux intéressent dans la mesure où l’on peut en établir une « politique ».

4-     D’autres associations tsiganes tentent d’employer la forme de présentation de ces travaux sous couvert de bureaux factices ou inexistants.

 

C’est alors que la représentation échappe à toutes confessions mais est vite reprise par l’emploi de mythes car l’appât du gain est grand et grands sont les moyens (ex : Institut de paupérisation).

Dans le monde du voyage, l’impact est grand et sous l’action du Comité d’Entente et de l’ONAT la tentative échoue, mais le virus a pris de l’ampleur et les associations nanties « travaillent ». Pour les Tsiganes, jamais ou très peu avec eux. Les associations de gadgés prennent alors toute la place que l’on connaît et commence à reconnaître les « représentants », les « responsables ».

Aujourd’hui, les médiateurs-gadgés, placés auprès des services préfectoraux sont pratiquement les représentants, les liens officiels avec les Gens du Voyage. Les schémas départementaux reflèteront des expériences personnelles mais ne répondront pas aux besoins tels qu’ils sont définis par la loi du 5 juillet 2000.

Les délégués

La notion de « délégué » n’est pas à proprement parlé estimée chez les Tsiganes car, dans leur esprit, un délégué est nommé dans une entreprise au sein d’un syndicat. Un délégué peut se révéler « un chef » « un meneur » et la notion de chef n’existe pas dans le voyage.

C’est pourquoi on peut être représentant des « Intérêts du Monde du Voyage » mais en aucun cas « représentants » des Tsiganes.

Cependant, lors de la mise en place du Mouvement Confédéral Tsigane, à l’initiative de l’ONAT, formé de l’UNISAT du Comité d’Entente, du Comité Rom, du Centre Culturel Gitan, il fut décidé que des « médailles » MCT-Délégué seraient mises en circulation par les responsables adhérents, pour faciliter le contact avec nos interlocuteurs.

Cette médaille, devenue le symbole du MCT est distribué aux personnes ayant prouvé leur capacité à négocier et bien entendu fait le lien entre les responsables.

Les Tsiganes ont donc été refoulés par les associations-gadgés et l’image du « représentant à l’occasion » s’est développée au point d’en troubler les esprits des autorités (sujet connu).

Les voyageurs ont réagi en créant des associations, récupérées pour faire le nombre par certaines associations, mais qui n’en sont pas moins des représentants légitimes reflétant des expériences locales, régionales voir nationales.

Les récupérations donnent lieu à des situations parfois dramatiques et une région en France a assisté à une tentative……

….pas exhaustives mais révèlent un cheminement pénible que la Commission Nationale ne peut ignorer.

Les Pasteurs de la Région Ouest avec lesquels il est très aisé de s’entendre ne peut servir d’exemple mais sera sans doute un atout pour réussir le travail des prochaines années. Il est à noter que ce sont des hommes de terrain circulant en famille élargie.

 Conclusion et suggestions

 -Surveillance accrue des attributions de budget.

-Surveillance de l’emploi des budgets.

-Exiger de toutes associations une information en direction des Voyageurs.

 

-Favoriser au maximum la formation de médiateurs tsiganes et les proposer aux services préfectoraux à titre de plein emploi.

 

Dany Peto-Manso, Président de Regards, le 7/03/02 au Président de la Commission Consultative Nationale

 

 

 

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