GENS DU VOYAGE : VERS UN BLOCAGE DES ECHECS REPETES

Publié le par Regards

« Vers un blocage des échecs répétés »

15 Novembre 2003

En juillet 1990, le Préfet Delamon remet au Premier ministre un rapport sur la situation des Tsiganes et gens du Voyage en France.

Des propositions concrètes sont avancées pour un changement profond de leurs conditions de vie.

Il est remarquable qu’il reprenne, point par point, les suggestions et les propositions de travail de l’Office National des Affaires Tsiganes (O.N.A.T.) formé uniquement de Tsiganes, y compris celle qui suggérait la création d’une « Commission Nationale ».

Celle-ci est créée sous l’intitulé « Commission Nationale Consultative des Gens du Voyage – y sont représentés des responsables du Monde du Voyage, agissant à leur nom, à côté de représentants d’administration. Les objectifs ont de nouveau été précisés par Mme Veil, alors Ministre des Affaires Sociales, le 18 janvier 1995.

Quatre commissions de travail sont créées :

 -          Citoyenneté-Culture

-          Scolarisation

-      Economie-Titres de Circulation

-      Stationnement et Habitat

Auxquelles participent à égalité parlementaires et élus locaux, dirigeants d’associations des Gens du Voyage, représentants des Ministères.

Mais faute de politique bien claire, et non par manque de relais départementaux  (ce qu’avait déjà souligné l’ONAT dans le précédent rapport) le travail de la Commission en fut significativement réduit.

Cependant, les objectifs restent globalement ceux définis par l’ONAT, en tenant compte de l’évolution des esprits et des opinions, et des réflexions menées au niveau de la Commission Nationale Consultative.

Le 27 août 1999 portait création, par décret n°99733, d’une nouvelle commission consultative.

Nous démissionnons de cette nouvelle commission le 10 octobre 2001 par manque évident de représentants tsiganes. Les fourberies de certains prétendus tsiganes en font une chambre d’enregistrement d’une part, d’autre part la phobie des grands rassemblements aura contribué largement à la législation allant à l’encontre des buts recherchés. Rapport annuel 2002, Novembre 2002, voir les pages 95-99.

Par la constitution de cette commission, nous avions suggéré trois alternatives :

1) Refonte totale de la participation dite tsigane qui doit être laïque afin d’obtenir un maximum de concours, formée de Gens de Voyage de souche, non prétendus ou devenus Gens du Voyage par les textes, à tendance représentative égale.

 

2)  Suppression de la Commission Consultative et mise en place « immédiate » d’une structure permanente ouverte à des représentants de tous les horizons de la vie sociale, économique des Gens du Voyage avec répartition des priorités.

3) Mise en place d’une cellule pilote sous l’autorité de l’Etat : Bureau à vocation coordinatrice des propositions d’intervenants autorisés. Rôle de moteur (Etudes à réaliser – choix des personnes).

Ce que REGARDS propose aujourd’hui :

 

Fortement consolidés par les expériences du passé (depuis 35 ans pour certains d’entre-nous) nous avons constaté que le fossé qui nous sépare de la société qui nous entoure s’était transformée petit à petit en gouffre favorisant crescendo la politique des institutions souhaitant développer un humanisme social dont le seul but de garder leur prérogative d’associations nanties ; une tromperie pour les autorités mal informées ou faussement informées, et ce, depuis des décennies.

 

Aujourd’hui ces associations constituent le plus grand barrage à notre accès à la citoyenneté.

 

Seule la mise en place d’une structure sous autorité directe du gouvernement, avec tous les pouvoirs de décision, pourra améliorer la situation de notre minorité.

 

Elle devra choisir des représentants impérativement laïques, débattre, échanger, négocier si nécessaire.

 

- Un collège de travailleurs sociaux sera consulté en dehors d’associations fortement budgétisées (parce qu’elles se trouvent en position de juges et parties).

 

- Les priorités seront définies après la scolarisation (apprentissage de la citoyenneté) et son corollaire le stationnement.

 

- Mise en place d’un comité de surveillance des associations fortement budgétisées afin d’éviter les débordements de leur éventuelle politique et leurs dépenses.

 

- Etc...

 

Ces suggestions constituant le corps d’une texte fondateur à définir en partenariat avec les Pouvoirs Publics.

Faute caractérisée 

« L’erreur fatale » des Tsiganes et Gens du Voyage a été de démontrer, à plusieurs reprises, leur capacité à se prendre en charge, soulevant une forêt de boucliers.

 

Les uns forment alors des associations séparées, à côté des associations et de fédérations de sédentaires, d’autres continuent le travail commencé avec les sédentaires.

Ce fut le cas du Comité National d’Entente des Gens du Voyage, l’ancêtre, suivi de la Fédération Tsigane de France réunissant toutes les ethnies, puis l’ONAT, simple bureau d’études et de transmissions, devenu Fédération sur demande de la majorité des associations tsiganes.

Et enfin, REGARDS, pour dénoncer les dysfonctionnements, pour que les Tsiganes soit autre chose « qu’un objet social à disposition du travail social ».

 

On peut aussi nous accepter comme citoyens de culture tsigane mais cette façon de voir les choses, ne s’adresse qu’à l’individu et ne dérange en réalité que peu de monde. Par contre, bien étayée, elle donne bonne conscience à ceux qui l’applique.

 

Il suffit d’être imprégné de cette mentalité pour ne pas en percevoir les dysfonctionnements.

 

On peut aussi accepter que les groupes de Tsiganes forment une minorité (Langue-Culture).

« Or la notion de minorité comme groupe est ignorée du droit français ».

 

C’est une de nos revendications, la décence exige aucune interférence des fédérations gadgés dans notre processus démocratique. Ce ne fut pas le cas, c’est devenu une évidence. Nous sommes réduits à un problème social : dysfonctionnement lourd de responsabilité.

 

En ce qui nous concerne, et être clairs, nous affirmons que l’UNISAT peut être perçue comme l’instigatrice du « traitement social spécifique » des Tsiganes.

 

Est aujourd’hui venu le temps de repenser totalement dans ses fondements l’appréhension spécifique et notamment sociale de nos communautés en France. Celle-ci n’est pas seulement désuète mais aussi dangereuse contribuant et favorisant un repli communautariste dont nous ne voulons pas.

 

Nous revendiquons et clamons haut et fort notre citoyenneté française vieille de 500 ans.

Le Président de l'association REGARDS,                                                                                                                            Dany Peto-Manso et son Conseil d’Administration

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mathieu 26/08/2006 00:32

Quel style !