ETRE TSIGANE EN FRANCE AUJOURD'HUI, ENTRE DESILLUSION ET ESPERANCE

Publié le par Regards

Sans forcement en vouloir à qui que ce soit, aujourd’hui nous sommes désillusionnée d’avoir pu croire qu’un jour « Tsiganes » et « non Tsiganes », s’uniraient ensemble pour lutter contre les discriminations.

Quel sentiment désappointant, au cœur des ces identités bafouées, qu’elles soient individuelles ou collectives, ou chacun tente de se protéger en agissant sur la forme, esquivant l’interrogation de fond pour sûrement éviter d’affronter la remise en cause.

Au-delà des enjeux militants se jouent des difficultés à être. Nul ne reniera l’idée que cet engagement est source d’une réelle reconnaissance socioprofessionnelle ou politique.

Nul ne saurait s’opposer à l’idée qu’à la simple évocation de ce champ d’intervention « les tsiganes », le regard de l’auditeur lambda, s’illumine oscillant entre fascination et répulsion.

Belle arme de séduction quelle celle là !!!.

Exister enfin au travers de ses engagements. Est-ce là lutter pour une cause ou faire de son histoire un lieu de résilience ? Les deux probablement.

Est-ce que cela résulte de démarche animée par une difficulté à être et des questions identitaires mal négociées ?

Aujourd’hui, à refuser et éviter cette dimension, on arrive dans l’impasse d’une négociation ratée, d’une rencontre inopérante.

De quoi s’agit-il dans ce combat ? Sinon d’interroger nos identités unies à celle de Minorités dans leurs dimensions individuelles et communautaires ?

De réfléchir sur l’ethnocentrisme et l’esprit colonialiste qui a longtemps donné sens au travail social ?

D’essayer d’analyser nos pratiques non plus uniquement dans un rapport « dominant dominé » mais dans « un faire » ensemble sans représentation.

N’est-ce pas là le fondement même de nos actions que de savoir écouter? faire preuve d’empathie ? refuser le jugement ?… et d’être loyale ?

Sans parlé d’être aimé, non, ce qui n’est en rien dans les fondements de nos démarches, mais d’être honnête, avec les autres et avec sois même !!!

A croire que nous sommes encore très prés de ce qui nourrie l’action sociale dans son essence. Curieux, en effet, de se rendre compte que l’exclusion et la pauvreté contribuait au XII ème siècle au maintien de l’équilibre social.

Pour faire simple, aider un pauvre permettait de briguer le paradis. Aussi fallait-il conserver son quota d’indigents pour pouvoir espérer des jours meilleurs.

Déclinée non plus sur le champ du religieux mais celui des politiques sociales, la logique reste la même. On instrumentalise l’usager pour légitimer les actions mises en œuvre.

Il reste, en effet, essentiel de prouver qu’ils ont besoin de nous pour s’insérer sans quoi les financements nous sont refusés.

Le travail avec les « Tsiganes » n’est en somme qu’un révélateur des incohérences inhérentes au domaine social, mais ne soyons pas rassurer de ne pas être les seuls, ayons en honte plutôt.

Ne nous blanchissons pas en jouant les victimes de la société qui nous entoure, cher collaborateur !! ne nous lavons pas de nos responsabilités !

A passer outre ces interrogations, on perd finalement le sens de ce qui nous anime pour ne jamais faire ensemble, mais finir par faire contre.

Il est temps semble t-il de cesser de se mentir.

Reconnaissons enfin que cette question touche celles de certaines identités dans ses recoins douloureux.

Admettons qu’elle est source de reconnaissance et d’enrichissement tant personnel que financier.

Quelles se trouvent à la croisée des chemins entre ethnocentrisme, stéréotypes et colonialisme.

Il est grand temps de poser ces vérités pour les interroger, peut-être les dépasser et se réunir pour lutter contre l’essentiel… le racisme et la discrimination.

Renoncer à ce défi, c’est très pitoyablement et vulgairement reproduire en interne ce contre quoi vous êtes censés vous battre en externe. Une stupide guerre civile avec un même objet « Les Tsiganes ».

Finalement toujours la même démarche de reproduction et non de construction, sous différentes forme avec d’autres mots…Tiens ça me fait pensé que nos vieux avaient raison ! Ils nous avaient pourtant prévenu ces honorables bougres !!!

C’est aussi pourquoi certaines personnes (tsiganes et gadjé) on arrêté peut être momentanément, mais arrêté.

Pas par lâcheté, mais à cause d’une sensation pouvant mêler l’épuisement et l’écœurement.

Aussi parce qu’à trop guerroyer sans jamais questionner le sens de cette guerre on finit par s’épuiser et par renoncer… finalement plutôt par courage et honnêteté. Mais il en reste des biens de tout les côtés, « merci de prier sur la pérennité de leurs actions et leurs batailles et qu’ils ne s'affaiblissent pas trop vite !AMEN ! »

On continue à lutter contre une conflit qui finalement n’a pas grand intérêt, puisqu’elle passe à côté de l’essentiel, qu’elle se nourrie de « pathologies » et d’enjeux de pouvoirs.

Est-ce être intégriste que de refuser ce vulgaire combat parce que déjà trop déclinés ailleurs ou de n’accepter de se laisser faire ou que d’autres face à sa place? C’est souvent l’identification facile que l’on donne à ceux qui dérange ! ceux qui empêche de tourné en rond !

On ne le crois pas, on préfère existé autrement, dans la paix tout simplement et avec ceux qui nous sont essentiels et loyaux, personnellement et dans nos autres démarches…

Qu’ils soient ou non Tsiganes, peu m’importe finalement puisqu’ils sont tout simplement humains…….

Paraîtrait il que ce sont les révolutionnaires qui ont fait et avancer l’histoire ! alors espérons qu’ils le feront bien pour la suite !!

Finalement, nous sommes tous d’accord pour dire qu’à l’heure où le débat est vif sur la laïcité et les replis communautaristes, à l’heure où les expressions et actes racistes sont en recrudescence :

- plus que jamais la République se doit d'être porteuse des valeurs universalistes qu'elle incarne, au premier rang desquelles figure le droit à la dignité de la personne humaine.

- Que de reconnaître l'existence des actes racisme, tortures morale, des inégalités en générale, c'est reconnaître la souffrance de "l'autre" et être respectueux de sa dignité.

D’autant plus que de condamner cela d'une manière absolue, sans exception possible, c'est se conformer aux règles de droit international ratifiées par la France qui s'imposent à la norme juridique interne.

Malgré tout, encore une foie, à leurs ou on utilise les lois pour assimiler et non intégrer les Tsiganes et les gens du voyage et autres populations catégorisé comme « marginale » aux populations locales.

Il est plus qu’évident que les combats d'arrière-garde qui persistent à nier l'évidence ne s’arrêterons pas là.

D’autant plus quand elles sont cautionnées d’une manière ou d’une autre par certains pouvoirs publics ou certaines structures soit distante destinée à milité pour la « bonnes cause ».

Ne faisons pas croire que seul l’accès à la scolarité, la lutte contre les habitats précaire, l’accès à l’économie, à la citoyenneté etc. …, régleront à eux seul les problématiques des gens du voyage et « tsiganes » et leurs permettrons de pouvoir vivre dignement.

Tant qu’on empêchera les intéressés de prendre leur place réelle, d’exprimer leurs réels souhaits, d’entendre leurs analyses etc.… ça risquera de n’être que du vent !

Encore de nos jours dans la majorité des instances politico-sociale, comme autres lieux d’expression ou de regards sur les « tsiganes », les gens qui s’y retrouvent sont souvent les mêmes, sûrement parce que se sont les plus compétent ! ou peut être parce que la place n’est pas facile à laisser.

Cette « grande famille » pour être optimiste et convivial, ou beaucoup ont tendance à agir de manière microcosmique avec une forte tendance à évoluer en, vase clos… Celle ci même, qui cultive la régularité, que l’on avait cru enrayer en 2004, de favoriser l’absence des principaux intéressés ou du moins de ne pas favoriser leur présence, dans la prise de parole quel qu’en soit la représentativité.

Encore aujourd’hui nous sommes amené à passer par la fenêtre. Par pour volée cette foi mais pour pouvoir nous exprimer !

Mais malgré tout, pendant que nous sommes en plein déguisement par le culturel des problèmes sociaux français par l’état et autres instances politico-sociale, nous garderons cette espérance, peut être maladive, qui nous habite toujours encore et encore .

Pendant que certain continuerons à travailler sur les représentations de Culture Ethnologique, que d’autres s’acharneront à vendre du sociale, nous continuerons à travailler sur les vrais problèmes qui touche la précarité de notre peuple et lutteront pour favoriser leurs accès à la vrai citoyenneté.

Celle qui à un sens, qui n’est pas encore salis et vulgariser par des discours néocolonialiste intellectuel, celle qui est synonyme de tolérance de respect et de démocratie.

- Nous continuerons aussi à rassurer les gens sur le fait que les minorités culturel n’ont jamais remis en -cause les models locaux, personnes n’a à y perdre mais bien à y gagner.

- Nous continuerons à nous battre pour accéder sur la scène citoyenne et répondrons présents si par hasard la place nous est honnêtement et loyalement proposé.

- Nous continuerons à lutter contre ces tendances « dictocratique »

Nous mettrons même, un peu de côté, certaines inhibitions culturelles qui consistent comme le caméléon à prendre la couleur nécessaire pour la survie du moment.

Enfin, nous continuerons malgré tout à nous battre pour cette fabuleuse dichotomie qui rassemble à la foie notre histoire et notre avenir :

NOS ENFANTS !

Nara Ritz, association Regards

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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