LA REPRESSION DES TSIGANES FRANCAIS

Publié le par Regards

 MOUVEMENT  CONFEDERAL  TSIGANE

Rassemblement d’associations de Français d’origine tsigane pour la défense de la démocratie, l’égalité et les libertés __________________________________________________________________________

Après la tragédie de Perpignan, nous avons assisté au déchaînement  de la presse, en toute logique d’ailleurs. Dans notre République, la démocratie a fait valoir ses droits.

Ce n’est certes pas sur ce sujet que nous souhaitons nous exprimer, mais sur les retombées qui ne manquerons pas de se faire remarquer à un moment choisi par les autorités publiques, qui, nous en sommes persuadés ne connaissent pas d’avantage la communauté maghrébine que la communauté gitane, à fortiori tsigane comme l’a prouvé France 5 dans son émission du 11 février 2005 sous le titre « Délinquance -la route des Roms ».

De toute évidence, nous voyons, nous, deux communautés  françaises de cultures différentes, ni l’une ni l’autre ne pouvant se prévaloir d’être la meilleure.

Mais la ville déjà a payé son tribut, sa contribution forcée aux Rois de Majorque qui la contemplent depuis des siècles du haut  de leur citadelle.

Une ville qui se précipite sur les médias pour connaître les suites des évènements. Une ville qui lit ce qu’elle constate, une ville qui sait ce qu’elle vit au quotidien, une ville qui lit ce qu’elle doit penser, une ville qui lit son indignation, une ville qui lit sa colère, une ville qui lit  la peur qui « doit » être la sienne.

Perpignan, mosaïque culturelle est devenue le centre par excellence de confrontation politique.

Si on prend le temps de lire la presse entre les lignes, les évènements inqualifiables survenus dans la Cité préfiguraient l’état d’esprit de certaines minorités exacerbées par le laxisme des autorités publiques plus attachées à leur propre promotion ou plus expertes à créer des hors la loi. A l’aide de textes nourris d’autoritarisme viscéral, que plus favorables à créer des situations d’inclusion des minorités françaises par un développement de la scolarité et de la formation professionnelle par exemple.

Des autorités plus aptes aux longs discours qu’à l’application de leur propre politique. Des autorités plus aptes à manier le verbe et la répression plutôt que d’offrir les outils pédagogiques et les moyens nécessaires aux Hommes de terrain responsables qui tirent l’alarme depuis des décennies dans tous les  domaines.

Une fois de plus les Tsiganes et Gens du Voyage auront servi d’exécutoire  au lendemain d’une défaite politique et d’un drame inexcusable, une fois de plus des menaces de répression auront été prononcées envers « les voyous », lançant un discrédit sur plus d’un million de personnes sur l’ensemble de l’hexagone, sur toute une minorité ciblée  par un fait isolé. La note est lourde pour les deux communautés sans parler du désarroi des familles dans le malheur.

Les hommes politiques se défendent, parfois à juste raison, parfois aussi par clientélisme, et parfois même, ils se targuent d’être de parfaits humanistes. Comment accorder les deux courants? Seuls ces politiciens ont la réponse - leur réponse -et leurs réponses sont autant d’arguments qui s’affrontent. Mais là  aussi se trouve la démocratie.

Les intellectuels sauront ils un jour nous donner une vraie définition de la démocratie, celle que toutes les minorités aimeraient connaître ? - Démocratie qui s’arrête pour nous à la prononciation seule du mot !

Pour ce qui nous concerne, le respect des lois est inclus ainsi que leur application. Ce n’est pas toujours le cas. Et ce n’est malheureusement pas à sens unique. Un arbre ne fait pas la forêt.

Ainsi, on peut s’interroger sur l’accueil de nos enfants à l’école, leurs droits à l’acquis, leurs droits à l’apprentissage de la citoyenneté par exemple.

Il serait fastidieux d’énumérer les dysfonctionnements que l’on peut tous constater, la journée du 29 mai en est l’aboutissement et les changements que les responsables du MCT avaient constatés parmi les leurs, jaillissaient tous d’une source commune : la même envie d’exprimer leur mécontentement au gouvernement.

 Double mécontentement :

1-    Les lois répressives, l’étalement dans le temps de la mise en place des haltes de stationnement, la loi de programmation et d’orientation sur la sécurité intérieure, le rejet des schémas départementaux par les municipalités hors-la-loi, l’absence d’intérêts pour l’habitat adapté sur le territoire, l’insécurité des nos enfants, le seul droit de se déplacer en groupes d’un terrain a l’autre, face à des forces de l’ordre armées pour un simple contrôle qui traumatisent. Ces faits correspondent à un contrôle forcené de nos déplacements tout en écorchant la Constitution Française, voire les Droits de l’Homme, sur la libre circulation, la loi Borloo qui exempte à leur demande, les villes de plus de 20 000 habitants dont la moitié de la population est en Zone Urbaine Sensible de terrains adéquats et qui font de nous des interdits de territoire, les terrains familiaux négligés...et tout  ce qui en découle...notamment le déficit considérable de la scolarité, etc...

 2-    Le mécontentement contre les autorités publiques qui ont une confiance aveugle en certaines associations bien nanties, notamment en la Fédération Nationale des Associations Solidaires avec les Tsiganes et Gens du Voyage.  (FNASAT)

L’éviction des associations tsiganes le jour de la constitution de la FNASAT , (UNISAT- Etudes Tsiganes -UNAGEV) monstre hybride de séduction ambiguë, nourri de produits pollués prouve les intuitions hypocrites en matière de solidarité et notamment les actions entreprises pour saboter notre intégration, notre participation à  certaines assemblées (nous possédons une preuve), porte un message de ségrégation qui  ne veut pas dire son nom, cache mal une volonté de nous mener à l’obscurantisme pour une raison, un but  évident  de convoitise budgétaire qui lui offre de surcroît  les moyens  d’appliquer une politique de dysgénésie, une véritable descente aux enfers dont le but final est la déstructuration totale de notre communauté.

Cette nébuleuse n’en recherche pas moins la quantité d’adhérents au détriment de la qualité, essayant d’inclure quelques  Voyageurs en tant que pots de fleurs  et qui attendent quelques menus services qui tardent à se manifester, pour cacher leur besogne - secret de Polichinelle - et donner un semblant  de légitimité  à la représentation  des Tsiganes,  ce  qu’elle nie d’ailleurs.

Appuyée par de superbes discours démocratiques pour mieux tromper ses riches interlocuteurs, cette fédération aura enlevé une pierre, pesant environ 1,2 million d’individus en France et environ 1O.OOO.OOO  EN  EUROPE.  Ce que ses dirigeants ne croiront jamais et surtout n’admettront jamais.  Ils auront de plus aiguiser notre sensibilité. 

Nous allons nous tourner  aujourd’hui résolument vers l’Europe, où la population  française de culture tsigane devient Peuple Tsigane  à hauteur de 1O.OOO.OOO d’individus, chiffre déjà relevé plus haut, susceptible d’influencer la politique européenne en dénonçant notre traitement en France, Pays des droits de l’Homme, avec regrets certes, mais avec un sentiment de haute responsabilité à l’endroit de nos enfants.

Nous sommes déterminés au point d’interroger les plus Hautes Autorités de l’Etat sur la complicité flagrante qu’elles entretiennent avec la Fédération déjà nommée, en s’appuyant sur le budget qui lui est accordé, en nous donnant des réponses claires et précises, notamment  en ce qui concerne notre droit à la citoyenneté et la révision de la loi 69.3 du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France, sans domicile ni résidence fixe, notamment au niveau des quotas de 3% à ne pas dépasser dans la population municipale, et du droit d’inscription sur les listes électorales après 3 ans de rattachement ininterrompus dans la mêmecommune.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Ainsi, les SDF français bénéficient du droit commun d’inscription sur les listes électorales au terme de 3 mois, sauf les Gens du Voyage. Législation s’appliquant à une communauté minoritaire.

Bien qu’agréées par le gouvernement, les propositions de la Commission Nationale Consultative des Gens du Voyage, voir le rapport 2002, de ramener de 3 ans à 2 ans le délai de rattachement à une commune afin de pouvoir s’inscrire  sur les listes électorales, ne change rien au fond du problème. Le rejet après le rejet.

Les sous-hommes sont maintenus au rang de sous-hommes. 

Heureux résultat des associations de gadgés ou payos.

Et que dire des titres  de circulation qui ne sont pas des pièces d’identité, délivrés à des interdits de territoires selon les textes existants ?

Ceci est l’annonce d’une Confédération importante qui veut se faire connaître et mettre fin à cette politique « d’interdits » de  suspicion, et de répression à notre rencontre.                   

Fait à Languidic, le 21 juillet 2005                                       

 

Le Fondateur,

DANY PETO-MANSO

Ancien membre de la Commission Nationale Consultative des Gens du Voyage

 

Pour tout contact :

Monsieur Dany Peto-Manso                                                                                                                                    Route de Saint-Urlo                                                                                                                                                  56 440 Languidic

 

 

 

 

Commenter cet article