Procès Bourdouleix. Son avocat fait une demande de renvoi

Publié le par Association Regards

 

  Gilles Boudouleix

La demande a été transmise au parquet d'Angers. Le maire de Cholet sera jugé jeudi 23 janvier pour apologie de crime contre l'humanité.

Le procès de Gilles Bourdouleix aura-t-il lieu ? Me Pierre Brossard, son avocat, a déposé une demande de renvoi, transmise jeudi au parquet d'Angers.

Le député-maire de Cholet doit comparaître le 23 janvier pour apologie de crime contre l'humanité, diffamation et injure. A deux mois du premier tour des municipales.

Le procureur de la République Yves Gambert, qui représentera lui-même le ministère public à l'audience, ne souhaite pas encore donner sa position. « Le tribunal appréciera en fonction des arguments des uns et des autres. »

 

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Son avocat a déposé une demande de renvoi. Le député-maire de Cholet doit comparaître le 23 janvier pour apologie de crime contre l'humanité, diffamation et injure. A deux mois du premier tour des municipales.

Peut-on juger un maire à deux mois des élections municipales ? Cette question n'est pas ouvertement posée par Me Pierre Brossard, l'avocat de Gilles Bourdouleix. Mais elle s'écrit en creux de sa demande de renvoi, transmise jeudi au parquet d'Angers.

Le député-maire (CNIP) de Cholet doit comparaître jeudi 23 janvier devant le tribunal correctionnel d'Angers. En juillet dernier, à Cholet, il avait lancé face aux gens du voyage qu'« Hitler n'en a pas tué assez ». Une phrase enregistrée par un confrère du Courrier de l'Ouest. Face aux dénégations de l'élu, le journal avait diffusé le passage sur son site Internet.

Risque de télescopage

Au coeur de l'été, ces propos ont provoqué un tollé national. Les poursuites du parquet pour apologie de crime contre l'humanité, mais aussi diffamation et injure publique à l'encontre du journaliste, n'ont pas traîné.

L'argumentaire du conseil de l'édile choletais ne s'engage pas sur le terrain politique. « Gilles Bourdouleix veut, comme tout citoyen, pouvoir se défendre et disposer du temps nécessaire pour organiser sa défense », justifie Me Brossard, qui rappelle que son client, « en pleine session parlementaire, voudrait être présent ».

Difficile de ne pas voir dans cette démarche la peur du spectre des élections municipales, dont le premier tour est programmé le 23 mars. Soit deux mois pile après l'audience. Il existe un risque réel de télescopage entre la décision, dont le délibéré pourrait tomber un mois plus tard, et la campagne.

Le procureur de la République Yves Gambert, qui représentera lui-même le ministère public à l'audience, ne souhaite pas encore donner sa position. « Le tribunal appréciera en fonction des arguments des uns et des autres. » Dans les couloirs du palais de justice, il se dit que le parquet s'opposera au renvoi. Comme souvent. Le procureur a adressé sa citation à comparaître au maire de Cholet... le 16 décembre dernier. Il y a déjà un mois.

À toutes fins utiles, un magistrat rappelle qu'« il n'est écrit nulle part que la justice, indépendante, doit tenir compte du calendrier électoral ». Un débat qui fait sourire Me Ivan Jurasinovic, avocat de la Ligue des droits de l'Homme, partie civile dans cette affaire. « On peut se poser la question de savoir si un élu doit être jugé deux mois avant des élections. Mais on peut encore plus se demander si un élu ne doit pas faire attention à ce qu'il dit, six mois avant une échéance, afin de ne pas s'attirer les foudres de la justice. » Ambiance.

Jeudi 23 janvier, la Ligue des droits de l'homme organise, à 13 h 30, un rassemblement devant le palais de justice d'Angers. « Ces propos intolérables et indignes d'un élu de la République doivent être condamnés. Laisser faire, c'était banaliser les crimes contre l'humanité et légitimer la provocation à la haine, à la violence et à la discrimination raciale. »

 

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